Arlette Gautier a étudié la construction des genres et les familles sur de longues périodes et dans différents contextes, qui vont de l’esclavage et du colonialisme à des situations post-coloniales, aux Antilles et au Mexique puis dans les pays en développement. Elle a montré la diversité des politiques de procréation. Sa démarche est « hol-invidualiste »*, pour reprendre la formulation de Boyer, elle pose la continuité du transnational et du local et prend en compte l’intersection des différents rapports sociaux, de genre mais aussi de classe et de race. Ces recherches ont porté sur:

  1. Les esclaves femmes et les familles aux Antilles françaises (Les sœurs de Solitude, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2010 [1985]).

  2. La politique familiale dans les DOM et en Guadeloupe après la départementalisation (Le sexe des politiques sociales, avec Jacqueline Heinen, Paris, éditions indigo et côté-femmes, 1993).

  3. La politique de planification familiale et de santé de la reproduction au Mexique (Avec une touche d'équité et de genre. Les politiques publiques de développement et de santé au Yucatan, avec Marie-France Labrecque, Québec, Presses Universitaires de Laval, 2013 ; Politique de population, médiateurs institutionnels et fécondité au Yucatan, avec André Quesnel, Paris, éditions de l’IRD, 1993).

  4. Les politiques de planification familiale  et les droits reproductifs dans les pays développement (Les politiques de planification familiale, Nogent-sur Seine, éditions du CEPED, 2004).

  5. La liberté féminine, en prenant pour indicateurs l’évolution des droits du mariage et des niveaux de violences ainsi que l’accès aux droits reproductifs (Genre et biopolitiques. L'enjeu de la liberté, Paris, l'Harmattan, 2012) .

 

* « On désigne ainsi une stratégie de recherche qui vise à articuler les niveaux macro et micro, en s’affranchissant tant du holisme standard, qui consiste à traiter le macro comme résultat de l’équivalent d’une action individuelle, que de l’individualisme méthodologique pur qui récuse toute référence au collectif et au social » (Boyer 2004 : 12).